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Actualité  Délégation Patrimoine

                                       Mais  comment  honorer  les  aviateurs
                                   tombés  dont  les  corps  n'ont  jamais  été
                                   retrouvés, des hommes comme Mr Peabody
        et Mr Doe, qui semblaient avoir disparus dans les airs? "Si ils n’étaient
        pas venus, nous serions allemands", dit Madeleine Schultz. "Ils ont viré
        la poubelle allemande !"

        Monsieur Pierre Vinot

            Pierre Vinot a été l'un des premiers villageois à atteindre le site de
        l'accident  du  L7576.  Son  histoire  et  ses  photos  noir  et  blanc  un  peu
        floues, ont fourni certains des premiers indices que M. Peabody et M.
        Doe ne sont pas morts lorsque l'avion a percuté une colline boisée des
        Vosges.










                                                                                ■  Pierre  Vinot,  âgé  de  92  ans,  a  pris  des
                                                                                photos   du   lieu   de   l'accident   qui
                                                                                deviendraient  des  indices  essentiels  de  ce
                                                                                qui  est  arrivé  au  pilote  et  au  navigateur  du
                                                                                bombardier Lancaster.

            M. Vinot a 92 ans. C'est un petit homme alerte portant une moustache qui clopine avec une canne près de
        Saint-Sauveur à environ trois kilomètres du lieu du crash.

            Fils d'un garde forestier, il avait 17 ans à l'été 1944 et se souvient d'un policier qui avait frappé à la porte
        tôt  le  matin  du  29  juillet,  un  samedi.  Plusieurs  habitants  avaient  signalé  avoir  vu  un  avion  en  flammes
        traverser le ciel en pleine nuit et le policier préparait une équipe de recherche et de sauvetage.

                                                                                Le jeune Pierre a saisi son premier
                                                                            appareil photo, un Gap de fabrication
                                                                            française, et  ils ont gravi  la colline.
                                                                            Quand Pierre est arrivé, il a vu que le
                                                                            bombardier avait été détruit. «J'ai vu
                                                                            deux  morts,  ils  étaient  tous  en  un
                                                                            seul  morceau,  et  un  autre  qui  était
                                                                            démembré»,  dit-il.  "Des  chiens
                                                                            dévoraient  ce  troisième  homme,
                                                                            s’enfuyant  à  notre  arrivée."  Il  n'y
                                                                            avait  aucune  trace  des  quatre  autres
                                                                            membres de l'équipage et le cockpit
                                                                            était vide.
                                                                                Pierre  a  vu  quatre  Allemands
                                                                            entrain de fouiller les vêtements des
                                                                            trois aviateurs morts, probablement à
                                                                            la recherche d'une pièce d'identité.

        ■ La curiosité de Jon Peck pour son cousin perdu l'a amené, lui et son frère, à enquêter.

            Plus tard dans la journée, des civils français ont utilisé une calèche tirée par des chevaux pour conduire
        les corps des aviateurs à l'église de Petitmont, où ils seraient enterrés. «Quand les gens ont vu les corps, tout
        le monde pleurait», explique Mr Vinot.
            Les villageois ont également relevé un détail crucial: les bombes du L7576 n’avaient pas explosé. Cette
        observation aiderait par la suite à remettre en cause le rapport officiel remis après la guerre, selon lequel Mr
        Peabody et Mr Doe auraient probablement été mis en pièces dans le crash.                                      (à suivre)

          Le magazine d’informations du CDRH                                                                                                                 Juillet 2019    N°61
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