Page 9 - Le magazine d’informations du CDRH N°62 - Octobre 2019
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Actualité Délégation Patrimoine



             Quarante-deux commandants d’Escadre se sont succédés depuis la création de la 3ème Escadre.


                                  Le commandant Hubert, Monraisse en fut le premier.

        Hubert  Marie  Monraisse  naît  le  24  avril  1909  à  Aurillac  (Cantal).  Le  jeune  Monraisse  suit  ses  études

        secondaires au lycée Saint-Eugène d'Aurillac, puis prépare Saint Cyr à Paris. Engagé volontaire pour 8 ans le
        5 octobre 1927, il est nommé sous-lieutenant le 1er octobre 1929. Son classement lui permet de rejoindre
        l’école de l’aéronautique de Versailles. La phase pratique de l'application ayant lieu à Avord, il y est breveté
        observateur le 12 juillet 1930, puis pilote le 13 novembre avec la notation suivante :

                   "Bon pilote, plein d'allant et digne de confiance ; calme et prudent, régulier et précis".

        D’abord  affecté  à  l’état-major  de  l’aéronautique,  il  rejoint  le  38ème  Régiment  d’aviation.  En  1934,  ses
        qualités  lui  permettent  d’accéder  au  "cours  de  perfectionnement"  d'Etampes,  alors  le  "Temple"  du
        pilotage… à l'issue duquel l'un de ses pairs le désigne comme le "meilleur chasseur de la promotion".

        C’est ensuite au Levant que le lieutenant Monraisse va demander à servir. Il y restera trois ans, sillonnant
        le  ciel  d'Orient,  de  Beyrouth  à  Damas  et  d'Alep  à  Palmyre,  au  sein  de  la  6ème  Escadrille  du  39ème

        Régiment d’aviation, puis en 1935, au sein de la 4ème Escadrille de la base aérienne 139.



        Promu capitaine le 15 décembre 1936, il rentre en France, et rejoint, le 17 novembre 1937, le Groupe de
        Chasse I/5 à Reims. Un mois plus tard, il est nommé commandant en second du groupe.


        En mars 1939, il est muté au GC II/5 et reçoit le commandement de la 3ème Escadrille Lafayette. Cette
        escadrille avait été constituée de pilotes volontaires américains durant la grande guerre et avait comme
        insigne la Tête de Sioux.

        Lorsque la guerre éclate, le capitaine Monraisse a trente ans et rejoint avec son unité le terrain de Toul-
        Croix  de  Metz  et,  c’est «  aux  armées  »,  que  le  30  décembre  1939,  qu’il  est  fait  chevalier  de  la  Légion
        d’Honneur.


        Excellent pilote de chasse, c'est-à-dire "fin pilote" et "fin tireur", il reçoit la croix de guerre le 31 janvier
        1940 et termine la Bataille de France avec 7 victoires aériennes confirmées, obtenues entre le 16 mai et le
        14 juin 1940. Ces victoires lui valent 7 citations dont 3 à l’ordre de l’armée. Il totalise alors 114 heures de
        vol en missions de guerre. Le 20 juin 1940, son Curtiss fait partie des quelques 600 chasseurs, bombardiers
        et autres appareils qui rejoignent l'Afrique du Nord.

        Le capitaine Monraisse n'aura de cesse, malgré les contraintes et les restrictions imposées par l'armistice,
        de voler et de faire voler afin de se tenir prêt pour le grand jour...


        En décembre 1941, il prend à Rabat le commandement du GC I/5 et le gardera deux ans. Il est promu
        commandant le 15 novembre 1942.

        Après  le  débarquement  allié  de  novembre  1942,  les  longues  missions  de  protection  des  convois  en
        Méditerranée vont permettre à l'aviation de combat française d'être réinsérée dans le dispositif allié mais,
        surtout, de redonner "ses" escadres de chasse à l'armée de l'air.
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